Si tu souhaites me démembrer de ta vie
Et donner à mon être le vrai prix,
Si tu veux avoir cette paix irréelle
Car ma présence rongerait comme le sel
Alors il faudra...
Effacer les soirs où j'ai cru à nouveau à la vie
Lorsque tu me donnais tout de toi sans la moindre envie
Je me suis longtemps demandé si tu n'étais pas un rêve
Désormais je sais que non, car il n'y'a toujours pas de trève
Me faire oublier le goût tiède et moite de ta peau nue
Et qu'un jour j'embrassais le coeur écarlate ton épaule ingénue
Tout abjurer et de la beauté me faire renier le flot
Qui me faisait songer à tes cils fins, lorsqu'ils disséquaient mes mots
Alors il faudra...
Lever un voile sur les lueurs de l'aube
Lorsque tu n'es pas la, l'aurore n'est qu'une fillette qui minaude
M'avancer preuve à charge que la terre tourne toujours sur elle même
J'ai peine à le croire depuis que j'ai plus le droit de te dire je t'aime
Changer le soleil en nuages et inversement
Car quel que soit le ciel sans toi il est une cage dont on s'échappe pas impunément.
M'offrir le sens de la mesure et de la sage répartie
Pour que chaque poing ne soit pas une blessure dans ma face décatie.
Il faudra...
M'ouvrir les portes de l'âme humaine car désormais elles me sont impénétrables,
Depuis que tu ne me regardes plus, tu sais j'ai oublié d'être affable.
Ouvrir la radio pour écouter les informations
Du monde en flamme, je suis maintenant sourd aux explosions
Peindre sur les monuments ton visage illuminé
Et comme de ton temps je croirais que mon nord c'est Chatelet
Capturer le vent pour y abandonner ton sourire
Car même les tornades ne me font plus vraiment rire
Il faudra...
Me faire penser au réveil qui sonne interminable
Moi je voudrais que mes débuts de mois te soient profitables
Sans ça j'ai la flemme et mon apathie est insolente
Laisse-moi au moins l'excuse d'être dilettante
Me réapprendre l'ambition et le désir de se battre,
Pour ne plus voir en l'avenir des hommes un vaste cloître,
Me donner de la fierté, matinée d'un soupçon d'égo,
Que j'aiguiserais avec envie, à la pointe d'un stylo
Il faudra...
Qu'en ma poitrine tu frappes vite et surtout sans remords
Le bras précis dépourvu du moindre réflexe retord
J'aimerais juste m'éteindre en te regardant
Te figer en moi avec la grâce du mourant
Puis dire aux anges qu'ils ne m'apprendront rien
Pour ce qui est de l'étrange, depuis toi je ne suis plus un vaurien
Je t'ai regardé, c'était trop tard j'y ai vu des choses assez uniques
C'était un drôle de portrait et pourtant j'avais rien pris de synthétique
...
Ne crois pas que je m'acharne, nous ne serons jamais des acteurs
Même si parfois j'ai la tentation honteuse du réalisateur
Une abîme dérisoire a fendu le travelling
Mais notre décor ressemblera toujours un peu à Darjeeling
Ma rime est pour la première fois imprécise et tout part en slam
Consonnes, voyelles et syllabes vaquent à leur guise, ils ont désertés l'ashram
La sagesse a sommeil d'avoir trop donné
Les messes au soleil n'ont plus ce parfum de liberté
...
L'absence n'est pas le remède, le désir elle nourrit
Devenu un immense intermède aux contours imprécis
L'existence est jalonnée d'étapes parfois délétères
Mais toi tu n'es pas flagrance, juste ma vie dans son besoin le plus primaire.