Jeudi 19 octobre 2006
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Hier encore, empruntant la lande de mes nuits frustres
Je m’allongeais dans l’herbe folle de la miséricorde solitaire
Sous le joug d’un abrupt azur autoritaire
Raisonnant en mon cœur de ses flots robustes
Aujourd’hui est autre, ni indolent, ni morne
Encore moins l’olympe d’un espoir ténu,
Juste l’aube où tu avisas apposer à nouveau un soupir ingénu
Dans l’urne chaude de mon iris qui à ta vue s’orne
D’abîme plaintive quémandant ta lueur essentielle
Il revêt alors l’éclat flamboyant d’une myriade
Exaltant sous la chape du calme feint une pléiade
Contée à ta gloire en sourde ivresse sacrificielle
Car je te vois à nouveau tarir, scintillante, l’éclat de la lune
Otant aux brumes des heures obscures leur soyeuse magie
Et muant le chemin des mystères en ruelle assagie
Tandis que je perds pied aux seuls clapotis de ta lagune
J’aimerais y perdre vie dans l’écume de ta chevelure
Rendre le souffle en un baiser laiteux, trépas idéal
Avant que ne se figent dans le creux de tes joues de cristal
Les sillons idolâtres de mes lèvres feignant droiture
Demain pourtant à la vue d’un autre mignon en ton lit
Sonnera le tocsin de grelottants soleils amers
Mordant mon âme tel un sel pervers
A la rouille incurable qui l’homme vieillit