Il est des soirs chagrins, où tu crois le miroir être morne pitre
Dans une détestation trompeuse, infâme tant elle est fausse
Laisse moi alors ici, mon Ange, tenir à ta beauté l’épître
Pour qu’à jamais se taise ce las regret qui ton épaule hausse
Ta peau… est ce rêve brumeux , infini et lointain
Douce cocagne balayée d’une sinueuse onde dévote
Aux flagrances tant veloutées que porteuses du flot byzantin
Jasmin et fleur d’oranger soyeuses, saupoudrées de piquante bergamote
Ton sourire… un bateleur éperonnant mes jours, ces estampes grèges
Enfant vénitien d’étincelantes enluminures
Emmène au naufrage mes abstinentes métastases que tu abrèges
A la pointe d’un croc ciselé de sensuelles entournures
Ton œil… semblable à de splendides azurs mélancoliques
Laisse traverser les foudres d’insaisissables Dieux
Eux, tes iris moqueurs, messagers volages de tes plus folles piques
Projetant à l’oblique des réels, un sceptre d’espérance malicieux
Ta chevelure… le souffle d’un étalon noir en pleine cavalcade
Dansant dans des parades sombres
Qui emportent le cœur des hommes à la cantonade
Pauvres ères abjurant à ta vue leurs compagnes soudain infécondes
Quelques heures, juste quelques heures désormais
Ne séparent nos mains fiévreuses d’un strident enchevêtrement
Ote alors cette ignominieuse chape imaginaire et sceau de mes dires je loverais
Ce baiser guérisseur en ton âme que je chéris âprement