Jeudi 19 octobre 2006
Désinvolte créature, abandon onirique étouffé de mon cœur
Les songes de ton être s’interrompent dans un sursaut fibrillatoire
Deus Ex Machina arrachant ma lucidité à l’enivrante torpeur
De ton rictus en demi-lune attendri, artistique envoûtement jubilatoire
 

Etincelle crépitante en brasier tentateur du bosquet perdu
Ton humeur vagabonde, délicate, dans de ciselés jardins sans ombrage
Comme aux honteux talus d’orties glacées par le désir éperdu
D’une cascade sourde de louanges surmontée d’un terrifiant orage
 

A ces lueurs tranchantes tailladant les profondeurs de ton esprit sombre
J’oppose le glaive suintant d’épiques envolées à ta prunelle bipolaire
Bravant âme au poing cet entêtant diable oppresseur, matrice de pénombre
Dans un invisible duel où je ravive en ton dédale l’astre solaire
 

De ta voix s’élèvent désormais de mélodieux enchantements
Vocalises seules troublées par l’offrande du verset de l’expression ultime
Incantation susurré dans le corridor étroit de nos confidents épanchements
Lorsque tes joues se muent printanières au son de la rime
 

Et mon pêché crapuleux est cette marée montante enamourée
Qui colore ton oeil radieux en nuancier d’une Rose affable
Lorsque ton regard ondulant comme de l’esprit le cache-cœur ajouré
Fait le repentir de ta joie fugace et coupable
 

Alors me tiraille, oppresseur, l’insatiable désir, filigrane de rêves
D’écarter le voile du sanctuaire infini, cette mèche paresseuse élégante
Alors se consume l’incandescent magnétisme ensorceleur exempt de trêves
Me porter à ton visage…à tes lèvres en buveur de calice, dans une fougue indécente
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006
Cadavre minéral, monument et vestige de l’épistolaire Wagram
La plume se fige sur le théâtre immaculé de ton âme
Ce vaisseau baroque, convoyeur silencieux des songes douloureux
Qui mon cœur glabre dessine dans la striure des flots apaisés en sceptre amoureux


Car l’hirondelle volage fixait ce matin encore le sud indolent
Agora des tes parisiennes paresses, miroir paysager du regard insolent
Que tu jettes à d’éberlués pauvres damoiseaux d’infortune
Comme aux démons en liesse tentateurs d’un désir charnel nocturne

 
Cet infernal aimant, cavalier inconnu, sauvage et spirite
Je le crains autant que l’annonce d’une mort tacite
Contée par ta voix veloutée et harmonieuse en échevin de notre cité
Soufflant les lueurs au candélabre d’une espérance inusité
 

Mais en ces départs heureux où tu mis cap au nord
Nos cœurs transis naviguaient au parallèle d’un remord
Fugaces pictogrammes flamboyants sur la mappemonde des possibles
En trajectoires contraires et reculées comme autant de vigies inaudibles
 

Dans cette Venise industrielle tapie aux confins d’un faubourg de Flandres
Les réverbères tamisaient ton ombre sur les murs ocres dans un étouffé esclandre
Seul troublé par les odorants muscs de ta chevelure Mauresque
Tu fis naître au libertin artiste passager une inspiration dantesque
 

De tulipes champêtres se muant en floralies sanglantes
Dans l’instantané qui fut plaines lumineuses et verdoyantes
Bosquets de mosaïques jadis colorées que ta danse succube lamina
En tiges charnues et meurtrières, pétales à folioles…Rosa Canina
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006
Triste comme un chêne solitaire plein d’une immobile démence
A l’orée d’un sous-bois grisonnant de silence
Où le bruissement des feuilles s’était tu comme du vivant l’abstinence
Et la rosée muée en un funéraire et rocailleux écrin
Ce matin

 
Aride atmosphère dépourvue de tes volutes
Où je flotte à l’envers attendant une lame que tu affûtes
Pour ma lente agonie, du palais baroque à d’orphelines cahutes
Errances prédictives que réverbère le flot des instants perdus sur mon visage raidi
L’après-midi
 

Au rythme d’un pas berçant et lourd, marche mortuaire
Où les strophes, l’alexandrin et la rime, pathétiques palabres grabataires
Se fanent à mesure que tu couds le suaire
De mon cœur malade agonisant en infarctus de l’artère espoir
En ce soir
 

Mais le songe de ton être endormi, merveilleux filigrane nocturne
Me fait lever un oeil figé sur cette lune orangée, charmante et taciturne
Ses striures sont ton esprit, ses voiles tes humeurs et son éclat ton sourire diurne
Alors je songe à prophétiques lendemains heureux  à la faveur de cet astre qui luit
Au crépuscule de nuit
 

L’aube maintenant se lève, chantante et emplie d’une oscillante candeur
Avant que ne me tourmentent le spasme oppresseur
De la peur de l’ abandon, de l’attente lancinante d’une rencontre…espoir rêveur
Et ainsi se distillent les heures entre envolées naïves et torpeur figée d’effroi
D’un jour sans Toi
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006
C’était une ode martiale à la divinité soleil
Devenue le confluent de nos chemins en eaux profondes
Improbable mélodie aux accents lyriques sans pareil
Me fit lever les yeux sur un torrent qui mon cœur inonde

 
Les brumes de l’agora s’étiraient en nuée phosphorescente
Et je découvris tes beautés de l’esprit comme l’on entrouvre un grimoire
Yeux figés, cœur en suspens létal, préciosité bouleversante
Face à ton regard électrique j’ai le plaisir dévoué de me connaître dérisoire

 
Des froides masures Hausmaniennes, Babylones hexagonales
Tu fis un décorum chaleureux aussi charmant
Que les jardins ajourés des halles
De la cour des miracles urbains pourtant ses enfants


Et en cette cité chimérique grouillante et grisonnante
Je vois désormais attendri et contemplatif, un théâtre épique de tes curieuses déambulations
Le soir tombant sur les réverbères synthétiques m’offre l’ombre étonnante
De ta silhouette vigoureuse, gardienne de tortueuses déviations

 
Tu es colériques cavalcades le mors au dents, cantatrice capricieuse et cruelle
Rassurante, tendre et adorable sonate aux notes nacrées puis magiques
Comme amante damnée, succube sensuelle
Strabat mater léger et mélancolique


Les terminaisons piquantes de tes refrains
Aussi surprenantes que les gammes mélodieuses de tes humeurs
Me ravivent le coffret aux espérances avec la grâce des entrains
De tes crépitantes clameurs


Tes colères portent la saveur d’une orange amère
Mais leur acidité est pourtant délicieuse
Tes caresses syntaxiques ont la saveur d’une orange amère
Lointains mais oniriques délices à mes papilles élogieuses

 
Et chaque aube laisse transparaître un fil
Dont je suis le funambule à la merci de tes babines voraces
Et chaque aube est un tableau céleste aux touches graciles
Où jusqu’au crépuscule des défunts amoureux, je prie ta grâce

 

Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006
Dans les méandres figées des chênes monolithiques
Ou à la pointe joueuse du frêle roseau
Le songe tiède de tes mystères repose jusqu’au blanc coteau
Aussi lointain et vallonné que tes humeurs dithyrambiques

A l’orée des sillons contrastés d’un ciel poudreux
Comme à la faveur d’un soleil triomphant
Tu apparais surprenante tel un sceptre étincelant
Mordant mon cœur dans un râle harmonieux

Et quand à l’aube bleue, tu quittes frémissante ta demeure
Que le vent vif pique ta joue charmante et endormie
J’esquisse à l’instant siamois l’espérance ébahie
De poser sur ton visage un baiser ardent en cette heure

Toi qui ferais mettre un pied à terre déférant
A un galop terrifiant de hussards livides
Troupes infernales métamorphosées en dévots placides
Devant le spectacle de ton pas décidé et charmant

Car tu es, mon Aimée, mon Opium, mon Enivrant Précipice
L’élixir miraculeux aux tourments de mortel
Et je dépose en offrande de tes canines en ton sanguinolent hôtel
Mon âme et ma chaire serons, désormais et à jamais, ton calice
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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