Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 07:44
L’esprit calvacade tant parfois qu’on se réprouve à le transcrire
Pour que l'autre ne voit pas qu'en vous, même en hiver il transpire.
Profaner le présent par trop de battements de cœurs pour louer un futur est égoïsme
Et pourtant j'ai pêché tant de fois enfantant le schisme

Ce n'est pas faute d'exiler les mots même sur un Guernesey de poche
Mais face à toi j'avais toujours la tête un peu paumée d'un Gavroche
Sans savoir que dérober quelques sourires pouvait être aussi ardu
Plus d'une fois, tu sais, j'ai failli avoir le cou rompu

Tes qualités ou tes tares, du point de vue duquel on considère autrui
J’en suis pourtant dépositaire malgré moi et face à la vie
Juste mandataire du caprice d’un visage contemplant son ciel.
Naviguant un peu aveugle, entre nuages et soleil

Lorsque le cap des sourires est masqué, les brumes se lèvent ou que l’orage gronde
Il se tient dans une drôle de posture parfois irréelle et les villes du monde il innonde
Il est le souvenir du temps passé, jusqu'à la terre fendant l'humus
Dans la promesse d’une éclaircie plus acceuillante, attendant derrière les jolis petits cumulus.

Que son mistral pique parfois aux yeux n’est rien, un simple geste de la main et mes cheveux sont en place.
Au détour du carrefour de la pensée, avec lui je te l'assure, il n'y a jamais d'impasse
Juste quelques sens uniques où je m'engouffre en voleur, rodant sur les quais
Mais j'ai pour ces quartiers un réflexe pudique et comme souvent me promène sur la jetée

Alors, je le regarde encore et encore, comme on se voit dans un miroir, sans jugement
Je l'observe et commente sans certitudes, sans approximations, petitement
Receuillant les filaments d'humeur pour en tisser une écharpe d'expériences
On n'est jamais trop prudent, parfois je sais que tu me passerais bien par la potence

J'aime la nuit mais durant deux ans je n'ai vécu qu'à son soleil
Dans l’ellipse de son aurore, de la pointe de l'Aiguille du Midi à Notre Dame de la Treille
Car au delà du constat attendri c’est un petit stroboscope aux ondes malines
Et depuis lui j'avais de drôles de flèches en forme d'étoile figées dans la poitrine

Désormais elles scintillent sur ton dos mais se réfléchissent toujours sur mon coeur
Et j'ai beau regarder en arrière, dans leur trajectoire je ne vois pas l'ombre d'une erreur
Peût-être cette faille temporelle qu'elles n'auraient jamais du traverser
Elles ne sont pas arrivées à la bonne heure, j'aurais probablement du les esquiver

Le ciel c'est ouvert tout en gardant ses frontières infranchissables
Je sais qu'il aurait voulu m'arracher de cette terre mais il a des peurs qu'on dit inguérissables
Le ciel c'est ouvert attendant une inversion de sa propre gravité
Rions mais si Newton l'avait connu peut-être se serait-il abstenu de donner aux pommes tant d'autorité

On ne te l'a dit mais cet azur dont je te parle avec amour depuis des mots et des lignes, c'est toi
Enfin il faudrait l'humour naïf pour croire qu'il en naîtrait un quelconque émoi
Les hommes, les pays et les ifs tu le sais sont à ta gloire
Entre temps sera haïe mon attention, même la plus dérisoire

Il fait nuit au jour et pas une lueur glabre ne sabre l'oscurité pour venir à mon secours
Le vent se lève et donne aux rêves la moue d'un sorcier aveugle et sourd
Il fait nuit et je sais qu'à la pénombre il n'y aura plus de trève
Je hisserais tellement un arc-en-cieln histoire de ressuciter le rêve

Mais lorsque je me retourne, où qu'aille mon regard, il n'y a que le gris
A croire qu'un brouillard se sentait seul et voulait me faire payer son ennui
Au début je pensais que t'avais juste crié un peu fort
Avoue que Monsieur Météo c'est pas le meilleur redresseur de tort

Aujourd'hui tu lèveras le monde ailleurs et joueras au dessus de la stratosphère
Finalement ne pas en être témoin a cet avantage d'oublier que le temps n'est plus qu'éphémère
C'est une voix lointaine mais dont le moindre mot expiré s'étiole
Heureusement, il me reste la solution de la mélodie en sous-sol
Par Ugo - Publié dans : Slam
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 07:38
Si tu souhaites me démembrer de ta vie
Et donner à mon être le vrai prix,
Si tu veux avoir cette paix irréelle
Car ma présence rongerait comme le sel

Alors il faudra...

Effacer les soirs où j'ai cru à nouveau à la vie
Lorsque tu me donnais tout de toi sans la moindre envie
Je me suis longtemps demandé si tu n'étais pas un rêve
Désormais je sais que non, car il n'y'a toujours pas de trève

Me faire oublier le goût tiède et moite de ta peau nue
Et qu'un jour j'embrassais le coeur écarlate ton épaule ingénue
Tout abjurer et de la beauté me faire renier le flot
Qui me faisait songer à tes cils fins, lorsqu'ils disséquaient mes mots

Alors il faudra...

Lever un voile sur les lueurs de l'aube
Lorsque tu n'es pas la, l'aurore n'est qu'une fillette qui minaude
M'avancer preuve à charge que la terre tourne toujours sur elle même
J'ai peine à le croire depuis que j'ai plus le droit de te dire je t'aime

Changer le soleil en nuages et inversement
Car quel que soit le ciel sans toi il est une cage dont on s'échappe pas impunément.
M'offrir le sens de la mesure et de la sage répartie
Pour que chaque poing ne soit pas une blessure dans ma face décatie.

Il faudra...

M'ouvrir les portes de l'âme humaine car désormais elles me sont impénétrables,
Depuis que tu ne me regardes plus, tu sais j'ai oublié d'être affable.
Ouvrir la radio pour écouter les informations
Du monde en flamme, je suis maintenant sourd aux explosions

Peindre sur les monuments ton visage illuminé
Et comme de ton temps je croirais que mon nord c'est Chatelet
Capturer le vent pour y abandonner ton sourire
Car même les tornades ne me font plus vraiment rire

Il faudra...

Me faire penser au réveil qui sonne interminable
Moi je voudrais que mes débuts de mois te soient profitables
Sans ça j'ai la flemme et mon apathie est insolente
Laisse-moi au moins l'excuse d'être dilettante

Me réapprendre l'ambition et le désir de se battre,
Pour ne plus voir en l'avenir des hommes un vaste cloître,
Me donner de la fierté, matinée d'un soupçon d'égo,
Que j'aiguiserais avec envie, à la pointe d'un stylo

Il faudra...

Qu'en ma poitrine tu frappes vite et surtout sans remords
Le bras précis dépourvu du moindre réflexe retord
J'aimerais juste m'éteindre en te regardant
Te figer en moi avec la grâce du mourant

Puis dire aux anges qu'ils ne m'apprendront rien
Pour ce qui est de l'étrange, depuis toi je ne suis plus un vaurien
Je t'ai regardé, c'était trop tard j'y ai vu des choses assez uniques
C'était un drôle de portrait et pourtant j'avais rien pris de synthétique

...

Ne crois pas que je m'acharne, nous ne serons jamais des acteurs
Même si parfois j'ai la tentation honteuse du réalisateur
Une abîme dérisoire a fendu le travelling
Mais notre décor ressemblera toujours un peu à Darjeeling

Ma rime est pour la première fois imprécise et tout part en slam
Consonnes, voyelles et syllabes vaquent à leur guise, ils ont désertés l'ashram
La sagesse a sommeil d'avoir trop donné
Les messes au soleil n'ont plus ce parfum de liberté

...

L'absence n'est pas le remède, le désir elle nourrit
Devenu un immense intermède aux contours imprécis
L'existence est jalonnée d'étapes parfois délétères
Mais toi tu n'es pas flagrance, juste ma vie dans son besoin le plus primaire.
Par Ugo - Publié dans : Slam
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 07:33
Hier encore, empruntant la lande de mes nuits frustres
Je m’allongeais dans l’herbe folle de la miséricorde solitaire
Sous le joug d’un abrupt azur autoritaire
Raisonnant en mon cœur de ses flots robustes

Aujourd’hui est autre, ni indolent, ni morne
Encore moins l’olympe d’un espoir ténu,
Juste l’aube où tu avisas apposer à nouveau un soupir ingénu
Dans l’urne chaude de mon iris qui à ta vue s’orne

D’abîme plaintive quémandant ta lueur essentielle
Il revêt alors l’éclat flamboyant d’une myriade
Exaltant sous la chape du calme feint une pléiade
Contée à ta gloire en sourde ivresse sacrificielle

Car je te vois à nouveau tarir, scintillante, l’éclat de la lune
Otant aux brumes des heures obscures leur soyeuse magie
Et muant le chemin des mystères en ruelle assagie
Tandis que je perds pied aux seuls clapotis de ta lagune

J’aimerais y perdre vie dans l’écume de ta chevelure
Rendre le souffle en un baiser laiteux, trépas idéal
Avant que ne se figent dans le creux de tes joues de cristal
Les sillons idolâtres de mes lèvres feignant droiture

Demain pourtant à la vue d’un autre mignon en ton lit
Sonnera le tocsin de grelottants soleils amers
Mordant mon âme tel un sel pervers
A la rouille incurable qui l’homme vieillit
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 07:01
Un cœur traînaille bohème des enlacements d’antan
Sur les chemins tièdes où tintait une ode loin du carcan
Tu sublimais de l’arche à la Seine, sa lucarne
Muées en enluminures urbaines de Bercy à la Marne.
Nous vaquions alors, roseaux que nulle bise ne plie,
Hôtes de lagunes grises d’où même s’élevait béate homélie
Rampant entre pavés dans une irréelle clameur
A la louange de ton éphémère rictus charmeur.
Mais pourpre torrent amer, leçon de ténèbre
Désormais tressaille mon corps d’une sourde onde funèbre,
Car ne subsiste que le salut des fous…l’espérance…
L’offrande d’une chair blême où tu mordrais à outrance.
Sombre enchanteresse effeuillant ma folie,
En strates visionnaires d’une inhumanité soudain abolie
Excellence en une Terre où furie abonde,
Ne puis être enfantée qu’en des cieux que ton visage inonde.
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 01:27
Nous étions en repli du monde, parcourus d’une lymphe bienséante
Tissant du silence le galbe rond de ta joue gauche immobile
A laquelle fit révérence l’écho de cité dans un pas gracile
Tiédissant à mesure qu’en mon cœur naquit une vallée béante
 

Bordée d’un parterre d’aubépines coiffées en leur ciel d’une blanche pluie,
Où s’ébrouait ton derme frissonnant d’un sommeil automnal
Et muant de ses gorges abruptes l’imprévisible torrent infernal,
En une raisonnable et coquette lubie
 

Tu vaquais alors méticuleuse sur ton messager à un attrape attention
Qui éclaira ton visage laiteux d’un prisme irréel,
Comme je n’aurais cru que puisse donner grâce objet usuel
Tromperie des sens, car ton teint seul était des instants la douce onction
 

Dans cette expressionnisme monochrome, mes lèvres retenues,
Par un regard promeneur te brocardaient d’invisibles baisers capiteux,
De ta nuque chaude à ton front aquilin que fronçait un sourcillement honteux
A la pensée que fourmillent en mon sein, tel bosquet d’orchidées inconvenues
 

Puis vint l’heure du parfum fuyant
Cérémonial cruel où tes jambes, majestueuses arches, muses des ombres
Crayonnent sur le bitume noir une ellipse inverse, préambule aux pénombres
Que distingue mon esprit soudain blafard, revenu à un abîme clairvoyant
 

Mes paumes ne caressèrent pas même ce paysage soyeux, lande sacrée
Dont je rêve autant que mon dos soit strié de tes griffures, songes illusoires
Que ne je ne puis te conter de mes mots roussis et dérisoires
Proses songeuses… âme éthérée
Par Ugo - Publié dans : Poèmes
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